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Description
M. Labelle parle d’un déploiement à Chypre et d’une tâche difficile où il a dû faire enquête sur la mort d’une civile.
Transcript
J’ai été à Chypre 6 mois.
Intervieweur : En quelle année vous êtes allé à Chypre?
En 1966-1967, encore de septembre à mars, ça marche de même!
Intervieweur : Pouvez-vous me parler ce qui s’est passé à Chypre, qu’est-ce que vous faisiez là?
La première des choses je suis arrivé à Chypre j’étais sergent en charge d’une relève, de patrouilleurs, il y avait 2-3 patrouilleurs sur la route, eux autres ils répondaient aux accidents, ou les batailles de bars, des affaires de même. Ils patrouillaient la ville souvent. Moi je restais en dedans. Ensuite j’ai été transféré à Famagusta (Famagouste) pour deux mois, ils appelaient ça le « R and R » c’est une place de congé pour les troupes.
Intervieweur : Qu’est-ce qui se passait à ce moment-là?
La même chose, on « checkais » les bars, nous autres on était avec l’armée suédoise, on mangeait dans la même cantine que l’armée suédoise. On couchait, dans mon temps à moi on couchait dans un garage. On mettait des pattes de bois parce qu’il y avait de l’eau le matin. Les autres, les Danois, ils couchaient dans une villa et nous autres dans un garage, on était rien que deux. Le sergent et son aide. Après ça, ça a changé. C’était la même affaire, on contrôlait la ville, les problèmes. On était bons avec la police.
Intervieweur : Est-ce qui s’est passé des incidents quand vous étiez à Chypre?
Pas là, pas à Famagusta, mais à Chypre, oui.
Intervieweur : Est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu?
J’ai fait une enquête d’un accident mortel. Ma job était de vérifier partout, le corps de la madame, le jeep. C’est un Suédois qui a frappé une madame, il l’a frappée ici. Ma job était d’aller à la morgue, et ça j’ai demandé à quelqu’un de venir avec moi parce que j’avais jamais été dans une morgue. C’est pas une morgue du Canada, c’est un gros hangar. Je rentre là, ça sent mauvais, il y a des corps que je ne vois pas de tête, je ne vois pas de bras, rien. Il faut que j’aille là-bas mesurer où elle a été frappée, pour comparer avec le « bumper » du jeep. J’arrive là, je dis, moi j’entre pas là, je ne suis pas capable. Le policier avec qui j’étais dit prend les mesures et je vais mettre ça dans mon rapport. Moi je ne peux pas aller plus loin, je suis bloqué. Peut-être que si j’avais été avec un autre, j’aurais pu y aller, mais pas là. Pas capable. Je la vois encore.
Intervieweur : C’était une civile?
Une madame civile, une madame assez âgée, elle s’est fait frapper par un jeep d’un Suédois.