J’ai travaillé à l’Arsenal de Québec

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Cécile Grimard-Masson nous parle des différents emplois qu’elle a occupé à l`Arsenal de Québec.

Cécile Grimard-Masson

Cécile Grimard-Masson was born in Québec on April 20, 1924. The war broke out and she was hired at the Québec Arsenal where she manufactured ammunition. From her start as an ordinary worker, she later became mechanic and assistant forewoman of her department. In addition to her job, she became involved as a volunteer in the Women's Voluntary Service. She then enlisted in the Women's Army Corps (CWAC). She trained in Kitchener, Ontario. She was mobilized to Montréal in a military equipment factory. Mrs. Grimard-Masson left the army, married and had seven children. After the war, she held several jobs and looked after troubled children. At one time, she was responsible for as many as twenty-one children.

Transcript

J'AI TRAVAILLÉ À L'ARSENAL DE QUÉBECJ'suis arrivée là avec mon baptistère, pis j'ai dit : « Bon, j'ai 17 ans. J'voudrais donner mon nom pour travailler... » Pas d'problème... Noms d'nos parents, pis tout' ça, le numéro d'téléphone, pis deux jours après, j'pense, j'avais mon téléphone de commencer. Fait que j'ai donné ma démission à la buand'rie, pis j'ai commencé à l'arsenal.Pour faire une balle, là c't'une p'tite pièce de... pas en acier... comment c'qu'on appelle ça... en cuivre. Pis là c'est mis sur la die, là, pis là, le punch arrive, pis y descend, y descend, pis y descend pour étirer la pièce de cuivre qui fait la... le moule de la balle. Pis ça, ces moules-là, ça s'en allait soit à Valcartier, ou à Saint-Paul-L'Hermite, pis c'est là qu'y mettaient la poudr' dedans.TRAVAILLER AVEC UN MICROMÈTREC'est pour connaître l'épaisseur... Si on disait : « Faut qu'tu l'descendes à un cinquième... », là, ben fallait qu'y l'descendent à un cinquième, mais fallait qu'ce soit mesuré ça. Pis, c'est des pièces de précision. L'ouvrage que j'faisais, c'tait juste des femmes. Y avait un homme en charge, par contre. Pis les boss, les grands boss, c'tait des hommes. Pis, mais... Quand on s'est en allé à Saint-Malo, y avait des hommes... c'était des... eux autres, y travaillaient sur des tours, y faisaient les pièces. '44, c'était rendu dans les plus gros moments d'la guerre et puis y commençaient à trouver les camps d'concentration, pis tout' les hommes étaient partis, c'était... Nous autres, les femmes, on avait d'l'ouvrage à faire. On était occupées. Pis c'était plaisant parc'que on était pas poussées dans l'dos, pis, d'temps en temps, l'mécanicien v'nait voir notre ouvrage. Si notre ouvrage était pas à son goût, y nous la faisait r'commencer, pis... Mais comme la mienne était toujours correcte, ben c'est là qui m'a d'mandé d'montrer aux autres à travailler.J'AI EU UNE PROMOTION !Assistante-contremaîtresse, j'avais à peu près une cinquantaine de personnes à mes charges, pis j'me prom'nais. Si j'voyais qu'y en avait qui avaient pas l'air dans leurs assiettes, j'allais jaser avec eux autres. « Y a-tu quelque chose qui va pas ? » T'sais, des fois, là. Des fois, y avaient pas mangé ou quelque chose. On s'occupait de s'cotiser entre nous autres pour leur donner à manger, ou quoi... Ou encore, les encourager si y avait eu d'la maladie ou d'la mortalité, t'sais, c'était un genre de travail social, là, t'sais. Parc'que y avait la grande contremaîtresse, pis on était deux... deux pour les punchs, deux pour les die. Ça faisait qu'on était cinq contremaîtresses. On avait chacun notr' groupe, pis sur chaque quart c'était comme ça. J'ai commencé douze de l'heure, quinze de l'heure, dix-huit de l'heure, pis quand j'étais contremaîtresse, j'gagnais trente-cinq. Quand j'suis rentrée dans l'armée, j'gagnais trente-cinq.

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