Année d’enrôlement :
1997
L’occasion se présente
Ayant grandi à Edmonton, en Alberta, Shona Mitchell avait toujours envisagé une carrière dans la musique. Malgré les antécédents militaires de sa famille, elle n’avait jamais songé à s’engager dans l’armée.
Un jour, une petite affiche a attiré son attention alors qu’elle revenait d’un cours de musique à l’université. La Musique de la Garde de cérémonie des Forces armées canadiennes recrutait des musiciens. Il était difficile de passer à côté d’un bon salaire pour jouer de la musique pendant l’été.
« En 1997, 6 000 $ pour jouer de la musique pendant quatre mois, c’était beaucoup d’argent. »
Il n’y avait qu’une seule exigence : elle devait suivre l’instruction militaire de base.
« Ce n’était peut être pas une mauvaise idée, » se rappelle t elle avoir pensé.
Début difficile
Elle s’est jointe à la Réserve de l’Armée en 1997, après avoir terminé son instruction de base à Ottawa au cours d’un printemps exceptionnellement froid. Au lieu d’un temps doux printanier, les recrues avaient dû composer avec la pluie, la glace et le froid presque tous les jours. La plupart des recrues n’avaient apporté que des vêtements de printemps.
Ce fut un début de carrière difficile pour Shona.
« Je me souviens d’avoir eu très froid pendant la majeure partie du temps. Gelée et mouillée, j’ai remis en question mes choix de vie, me demandant pourquoi diable j’avais fait cela. »
Légende de la photo 2 : Malgré un début difficile, Shona Mitchell a terminé avec succès l’instruction de base et s’est jointe à la Musique de la Garde de cérémonie en tant que flûtiste, se produisant dans des défilés en uniforme complet.
Malgré cela, elle a terminé son instruction et s’est jointe à la Musique de la Garde de cérémonie. Pendant deux étés, elle a défilé dans les rues d’Ottawa au sein de l’une des organisations cérémonielles les plus connues des Forces.
Bien que l’entraînement militaire ait été difficile, elle se sentait exaltée de se produire à l’avant d’un défilé en tenue de cérémonie.
« Dès que le défilé se met en mouvement, c’est incroyable. C’est un moment glorieux. »
Apprentissage et enseignement
En 1998, l’emploi d’été de Shona s’est transformé en service à temps plein dans la Force de réserve lorsqu’elle est retournée à Edmonton et s’est jointe à la fanfare du Loyal Edmonton Regiment. Au cours des dix années suivantes, elle a assumé de nouveaux rôles et acquis de nouvelles compétences.
Flûtiste de profession, elle a saisi des occasions qui allaient au delà de sa formation musicale. Lorsqu’elle a eu l’occasion de se joindre au corps de tambours, elle a accepté, même si elle n’avait aucune expérience officielle en percussions.
« Il y avait quelqu’un qui était prêt à nous former et j’étais prête à apprendre, alors j’ai joué dans le corps de percussions pendant quatre ans et j’ai trouvé cela vraiment amusant. »
En 2000, Shona a suivi le cours de formation des chefs subalternes à Wainwright, en Alberta. Bien que le cours ait été difficile, il l’a aidée à découvrir sa plus grande passion : l’enseignement.
Au milieu des années 2000, elle a donné des cours de qualification militaire de base, contribuant ainsi à former de nouvelles générations de membres des FAC. Elle aimait voir les recrues surmonter des obstacles, gagner en confiance et découvrir leur propre potentiel.
« Il n’y a rien de tel que d’entraîner un soldat. C’est indescriptible. »
Des années plus tard, elle a constaté à quel point l’enseignement peut changer la vie des gens. Pendant la pandémie de COVID 19, elle a rencontré trois anciens élèves qui étaient eux mêmes devenus instructeurs. L’un d’eux s’est approché d’elle et lui a posé une question :
« Est ce qu’on t’a rendue fière? »
Elle a répondu sans hésiter :
« Bien sûr que oui! »
Surmonter les difficultés
Après son entrée dans la Réserve supplémentaire en 2008, Shona s’est retirée du service actif pendant plusieurs années avant de retourner dans la Réserve de l’Armée en 2016.
Elle a d’abord occupé un poste administratif au sein du King’s Own Calgary Regiment, puis a cherché un nouveau défi en se joignant au Corps blindé.
La transition s’est avérée plus difficile qu’elle ne l’avait prévu. Elle a dû être rétrogradée du grade de sergent au grade de caporal pour terminer sa formation. Après avoir obtenu sa qualification en reconnaissance blindée en 2021, elle a dû relever d’autres défis pendant qu’elle s’adaptait à ses nouvelles responsabilités.
Un solide réseau de soutien l’a aidée à continuer d’aller de l’avant. Son mari, lui même un ancien réserviste, l’a encouragée, tandis que des superviseurs de confiance et des amis lui ont prodigué des conseils. Grâce à leur soutien, elle est restée concentrée sur ses objectifs.
Cette détermination l’a amenée à terminer sa qualification de commandant en 2024, devenant ainsi la première femme sergente des blindés de l’histoire de son unité. Étant l’une des rares femmes de son unité, elle a contribué à faire évoluer la culture de l’unité à une époque où les FAC adoptaient de nouvelles normes axées sur la diversité et l’inclusion.
« Ces quelques années ont été extraordinaires! »
Continuer à servir
Aujourd’hui, Shona poursuit son travail dans la Réserve, en servant les Canadiens et en rendant hommage aux personnes qui ont servi.
Le devoir de mémoire revêt une signification particulière pour elle, qui a enseigné à de nombreux élèves au fil des ans et vu plusieurs de ses amis partir en déploiement, dont certains ne sont jamais revenus.
« Pour moi, le devoir de mémoire a aussi une dimension plus contemporaine, parce que j’ai formé des personnes qui sont parties en Afghanistan. C’est donc un aspect qui revêt une grande importance à mes yeux. »
Elle continue d’encadrer les futurs dirigeants, prouvant que le travail acharné peut nous aider à surmonter les obstacles les plus difficiles.
Près de 30 ans après avoir accepté ce qu’elle pensait être un emploi d’été, elle reste dévouée à une vie de service. Son histoire montre comment une personne peut apporter des changements positifs et inspirer les autres.
Avec courage, intégrité et loyauté, Shona Mitchell laisse sa marque. Elle est membre des Forces armées canadiennes. Découvrez d’autres histoires.
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