Moyen-Orient - Les Forces armées canadiennes au Moyen-Orient

Video file

Description

Collection d'entrevues avec des vétérans des Forces armées canadiennes racontant leur expérience du service militaire au Moyen-Orient. Les vétérans de ce vidéo sont : Ron Gourlay, Maurice Lachapelle, Murray Floyd, Donald Ethell, Fred Gallant, David Laxton, Camilien Gaudet, Rémi Lefebvre, Normand St-Onge, John Perry, John Nystad, Bert Diamond, Bob Terry et Red Grossinger.

Transcription

Quand on arrive, c’est désert, c’est chaud, il y a des coutumes très ancrées, différentes tribus se font la guerre. C’est ma première expérience avec l’ONU, où deux clans étaient séparés par tant de kilomètres, et nous, on devait être entre les deux.

Tu sais, c’était toujours des flare-up, et quand je dis des flare-up, c’est parce qu’ils recommençaient toujours à faire des petites guerres, des petites attaques un contre l’autre, c’est pour ça qu’on allait se présenter là, nous autres.

On était là pour essayer d’empêcher les Israéliens et les Égyptiens de s’entretuer.

Il faut être à la hauteur et établir sa crédibilité; il faut que les deux sociétés aient confiance en nous et il faut demeurer neutre.

On était des gardiens sans arme.

C’était notre protection, on était des observateurs, ça nous donnait le droit d’aller n’importe où dans la zone de conflit.

Ils nous donnaient une mitraillette, un magasin et dix balles, et ils nous disaient de mettre l’arme sur notre épaule, le magasin dans une poche et les balles dans l’autre pour ne pas créer d’incident international; ils nous donnaient aussi un bâton de baseball et nous disaient « Si vous avez des problèmes, lever-le dans les airs, et les gens s’en iront » (rires).

Les soirs, on était dehors pis on entendait des canons qui se battaient, alors c’était pas un pays qui était trop tranquille. 

Ça été des conditions de guerre.

On voyait des maisons, des cimetières, des églises, détruites et tout ça. 

On avait toujours un camion d’eau et un camion de ravitaillement pétrolier. C’est très grand et très chaud le désert, vous savez...

Avant, on entrait dans les villages, les gens nous saluaient, et là, ils me lançaient des crottes de chameaux et des pierres et des bâtons.

Entre chaque ville, il y a des barrières, comme des frontières, il fallait les traverser mettons avant 5 heures le soir. T’étais pris entre deux villes, t’avais pas le choix, t’étais obligé d’attendre.

Il fallait qu’on sache où étaient tous les barrages routiers sinon, sur notre route, soudainement on se retrouvait une arme pointée directement sur le conducteur.

Il y avait un soldat égyptien - il regardait dans la fourgonnette, son arme chargée. Tchk, tchk, on avait entendu la culasse. Il voulait des cigarettes.

On ne savait jamais ! Il pouvait y avoir des mines, des bombes issues des guerres antérieures.

Fait que si on perdait le contrôle du véhicule, si on s’échouait sur une bombe antitank, tout sautait.

Dans ce temps là, il ne ramenaient pas les corps par ici, il laissaient les corps là. 

Lorsqu’on était en Égypte, on a gardé ça assez neutre.

Ça c’était ennuyant, ce qui n’est pas une mauvaise chose.
 

Catégories