Chypre - Les Forces armées canadiennes à Chypre

Video file

Description

Collection d'entrevues avec des vétérans des Forces armées canadiennes racontant leur expérience du service militaire à Chypre. Les vétérans de ce vidéo sont : Rémi Lefebvre, Darcy Neepin, Robert Beyea, Denis Halliday, James Fraser, Steven Gasser, Clifford Landry, Tom Paterson, Fred Gallant et Peter VanIderstine.

Transcription


(Remi Lefebvre)
On est arrivé là à Chypre, la chamaille était pris entre les Turcs et puis les Grecs. Les Turcs étaient dedans les montagnes de Kyrenia et puis les Grecs étaient à Nicosia surtout.

Chypre était divisée en deux, les Turcs d’un côté, et les Chypriotes grecs de l’autre.

Choc culturel énorme. Ce qui m’a le plus frappé, c’est la température. On est parti d’ici en mars, et on est arrivé là bas où il faisait 90 degrés; en degrés Fahrenheit bien sûr.

L’une des premières choses que j’ai apprises là bas, c’est qu’il fait froid la nuit. Il fallait porter un parka. Je pensais qu’il ferait toujours 90 degrés à Chypre. Eh bien, ce n’a pas été le cas.

Les conditions de vie m’ont frappé. Les gens vivaient dans de petits villages, sans eau chaude, les toilettes dehors. Et les femmesfaisaient la majorité du travail.

La différence entre les deux côtés, c’était jour et nuit.

(Clifford Landry)
Moi j’ai parlé à un d’eux autres. Il dit, « Moi, si si les Canadiens s’en aillent, j’ai une semaine à vivre à peu près, je serais tué par eux autres ».

Notre rôle était de maintenir le statu quo. On ne devait pas tirer, même pour se défendre, jusqu’à ce qu’on subisse une perte.

Quand on était en patrouille, ils ouvraient le feu sur nous.

Je me suis caché derrière des blocs de ciment, l’adrénaline pompait, et je voyait des étincelles lorsque les balles frappaient le ciment.

Il y a eu un massacre quand j’étais là bas, lorsque les Turcs ont bombardé un village Grec. On nous a demandé d’aller sur place avec l’infanterie. On était au beau milieu de la nuit, et je me rappelle avoir vu les balles traçantes rouges dans le ciel. Quand tout a été fini, les gens ont commencé à sortir des ruines, quand le cessez le feu a été déclaré. Et une très vieille femme – elles sont toutes vêtues de noir là bas – elle s’est approchée du sergent et moi. Elle s’est approchée, elle s’est agenouillée et elle a m’embrassé les bottes. Elle était infiniment reconnaissante d’être en vie.

Des enfants m’ont craché au visage; c’est très difficile à accepter. J’ai vu des jeunes qui couraient, avec six fusils accrochés à leurs hanches.

Notre affectation a été très stimulante grâce aux gestes humanitaires que nous avons dû porter, par exemple pour transférer les réfugiés grecs, du côté turc jusqu’au côté grec, et le contraire avec les réfugiés turcs, du côté grec jusqu’au côté turc.

(Clifford Landry)
On avait assez des bonnes relations avec les deux. Nous autre on allait d’un côté ou de l’autre, ça nous dérangeait pas. Il y avait des préférences, mais on les gardait pour nous autres.

Pendant les patrouilles, on surveillait un village en particulier, et si les gens étaient en danger, on était là pour les protéger; c’est essentiellement ce qu’on faisait de nos journées. On pouvait être affecté à la protection d’un village grec une journée, et à celle d’un village turc le lendemain. Pour savoir où on était, on regardait le drapeau qui flottait au milieu de la place publique.

Est ce qu’on a influencé le cours des choses? Oui. Bien des gens disent que l’armée c’est du gaspillage, mais pour la vieille dame, on a fait la différence.

Catégories