Des héros se racontent du jour J

Attention!

Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.

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Description

Cette vidéo veut rendre hommage aux anciens combattants en leur donnant la parole et en leur permettant de raconter les événements du jour J d'un point de vue personnel plutôt qu'historique.

Transcription

Marcel Auger, 39 Reconnaissance Wing
En 44, vers la fin de mai 44, on s’est aperçu qui se brassait quelque chose parce que nos avions volaient beaucoup. Il y en a beaucoup qui revenaient avec des... des dommages sur les avions ou d’autres qui revenaient pas du tout.

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
Tous les jours... des kilomètres, des kilomètres de long, des convois, des tanks, ça s’en allait sur les bords à Glasgow, à South Hampton, partout, pour embarquer sur des bateaux pour aller à l’invasion.

Hermel Pelletier, Régiment de la Chaudière
Environ une semaine ou dix jours avant, on nous a mis dans des camps qui étaient scellés. Y’a pas de lettres qui sortaient, il n’y en a pas qui rentraient, y’a personne qui rentrait, personne qui sortait, pas d’téléphone, rien, pour pas que les espions savent ça.

Marcel Auger, 39 Reconnaissance Wing
Pis effectivement le 6 de juin au matin, on savait pas du tout que le débarquement avait lieu, mais le 6 au matin, juin 44, D-Day était commencé.

Edgar Doiron, North Shore Regiment
Puis... on était peut-être trois, quatre milles sur le quai. Y’avait un prêtre catholique. Il nous donnait les... les derniers sacrements. Il nous les donnait pareil comme si on était mort. Y’avait aucun sourire. Y’a pas un soldat que... c’était triste, très triste.

Hermel Pelletier, Régiment de la Chaudière
Le bateau s’est arrêté dans’nuit, je sais pas à quel moment là. On était rendu à... à six miles, six miles je pense, de la plage là. Eux autres ils sont arrêtés là. C’est de là que, le matin, on a embarqué dans des LCA qui appellent là, c’est des bateaux qui embarquent un peloton, 30 hommes là. Là on voyait rien, parce que... y’avait de la brume. On est parti dans ces embarcations-là, la mer était houleuse, tous tassés un sur l’autre, hein. Là le bateau ça monte là pis ça descend ça, hein, ça monte pis ça descend.

Paul Lafrenière, Escadrille 438
Nous autres on a été appelé à aller faire ouvrir le chemin pour les... les soldats. On est allé... bombarder les... les bases d’avions, ça c’était important, essayer de se débarrasser de ça. Pis ensuite, quelques Allemands si y’en avait dans le bout, t’sais. Nous autres on a dû partir à peu près vers une heure du matin je pense, parce que eux autres, l’armée a envahi à peu près vers trois heures, quatre heures je pense, ben c’est de bonne heure ça le matin. Mais c’était pas beau, c’était pas beau à voir.

Roger Maynard, Fusiliers Mont-Royal
Ah là c’était comme un feu d’artifice continuel qui tirait, pis là c’était comme dans le jour, le ciel était... complètement c’était...

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
Tout ce qu’on entendait c’était un bruit infernal, tout ce qui se passait, des avions au-dessus, les bateaux qui tiraient au-dessus, pis des Allemands qui... la riposte.

Marcel Auger, 39 Reconnaissance Wing
Ça a été l’enfer. On avait deux gros croiseurs en arrière de nous qui étaient ancrés dans la Manche qui tiraient des obus à l’intérieur des terres, pis les Allemands qui répétaient. Quelques obus se perdaient pis, pis une barge qui était échouée pas loin de nous autres a été visée pis ils sont tous morts, tout a été détruit. Alors nous on se demandait quand est-ce que notre tour viendrait, hein.

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
Euh.. faut l’avoir vécu pour savoir que c’est presque... c’est presque pas pensable tout ce que c’est que ça prend de nerfs pour passer à travers ça là.

Marcel Auger, 39 Reconnaissance Wing
Je vous parle de ça là, pis j’ai... j’ai la frousse.

Hermel Pelletier, Régiment de la Chaudière
On a passé au travers du brouillard pis là on a aperçu le village là, pis... là ça commençait à tirer pis y’avait des maisons qui brûlaient. Y’avait des canons sur les hauteurs là, pis... ils tiraient sur les embarcations. Heureusement ils nous ont pas touchés.

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
La dernière heure c’était l’enfer. Ça débarquait les troupes pis... c’était cours, cours toi pour te mettre à l’abri qu’on appelle.

Hermel Pelletier, Régiment de la Chaudière
Les plages étaient minées. Y’avaient tous mis des croisées en acier là, avec des... des fils pis des bombes attachés après ça là. Fait que là, tu voyais... tu voyais un gars qui explodait... donc le tien tu le sais pas là jusqu’à temps... jusqu’à temps qu’il arrête. Ça fait que là ben quand qu’il arrête... tu te dis ben... on est correct. On sautait à l’eau et puis là...

Roger Maynard, Fusiliers Mont-Royal
Là, enjamber puis passer par-dessus les cadavres qui étaient devant nous autres...

Maurice Tremblay, 101st US Airborne Division
Le Régiment de la Chaudière, l’eau était rouge de sang, la mer... Y’en avait des blessés là. Les lamentations... Ils ont tous la même... ils ont tous la même parole avant de mourir, hein, ils disent tous « maman, maman » !

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
Mais on pensait pas à ça. Tout ce qu’on pensait c’était de traverser le... le sable, de se rendre... à travers les maisons, se cacher à l’abri.

Joseph Duval, Régiment de Maisonneuve
Fallait que tu suives ! T’es... t’es engagé pour avancer, t’es pas engagé pour reculer, hein !? Ça fait qu’on avançait. C’était pas toujours de coeur, mais en tout cas, fallait que t’avances pareil, hein. On avait tous peur mais qu’est-ce tu veux ?

Edgar Doiron, North Shore Regiment
Mais celui qu’était blessé pis qu’était pas mort là pis, les deux jambes qui pouvaient pas marcher... les... les tanks les voyaient pas, ça... fallait qu’ils... fallait continuer.

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
C’était un espèce de désarroi complet quand même. On suivait un à un, mais on... la nervosité pis toute... quand même qu’on aurait voulu, y’avait pas personne qui parlait, ça crie, ça hurle là...

Edgar Doiron, North Shore Regiment
Y’avait aucun contrôle.

Maurice Tremblay, 101st US Airborne Division
Moi j’ai sauté à deux heures du matin, pis j’ai atterri dans un poulailler ! (rires)

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
C’est une course effrénée. Y’en a qui se trompait de chemin. Quand qu’on arrive à quelque part pis qu’on connaît pas la place, c’est pas facile. On débarque sur une falaise ! Y‘en a qui sont restés cachés, avec raison, cherchant les leurs parce que tu peux pas t’avancer quand qu’on sait que les Allemands étaient partout.

Jean-Paul Caron, Régiment de la Chaudière
Eux autres y’étaient cachés dans la bordure de la plage. Une plage c’est de même, t’as un mur pis y’a des maisons. Eux autres ils nous attendaient là. Ah y’en avait. On a pogné des prisonniers direct là. Oui, oui, oui. Moi même j’ai pogné des prisonniers là, pis des jeunes enfants, hein, des p’tits gars d’quinze ans, seize ans.

Jacques Raymond, Régiment de la Chaudière
J’ai... rejoins mon bataillon... l’autre côté... après avoir monté la palissade comme d’autres, pour se regrouper.

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