Maria Vidotto

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Table des matières

S'est enrôlée

1983

Expérience opérationnelle

  • Guerre du Golfe persique à Doha, au Qatar
  • Force opérationnelle Aviano, Italie (Op. Echo)
  • 4 rotations en Afghanistan
  • Op. Lobe Sigonella (Italie)
  • Op. Impact Akrotiri (Chypre)

Maria Vidotto

Une adjudante à la retraite incarne le dévouement au service plutôt qu’à soi-même

Frankford (Ontario)

Lorsque Maria Vidotto s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes en 1983, il n’y avait ni grande stratégie, ni pression familiale, ni vocation particulière.

C’est une publicité dans l’annuaire téléphonique de Saint Catharines, en Ontario, qui a attiré son attention.
« J’étais une bonne élève, dit-elle de façon pragmatique. J’aurais pu faire autre chose. » 

Une aptitude pour la mécanique

Son projet initial était de devenir policière militaire, mais elle a commencé à se rendre compte que ses aptitudes la portaient plutôt vers l’Aviation royale canadienne, dans un métier que peu de civils voient de près : technicienne en systèmes d’armement.

Ce rôle l’a placée au milieu de la machinerie de guerre — missiles, bombes, systèmes d’armement aériens — bien avant qu’elle ne vive sur un théâtre d’opérations.

« Nous nous occupions de tout l’armement et du matériel de soutien du côté de l’Armée de l’Air », explique-t-elle.

Après son instruction de base, elle a été affectée à la BFC Bagotville au Saguenay, au Québec, pour sa formation en cours d’emploi. Puis, à la fin de son Programme d’instruction et d’emploi pour les jeunes (PIEJ) d’un an, on lui a offert un contrat dans la Force régulière et une affectation à la même base, au même poste. Son premier déploiement a eu lieu à la base des Forces canadiennes de Goose Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador, où elle assurait l’entretien des armes et du matériel de soutien sur l’axe de passage. C’était du vrai travail, mais encore loin de l’intensité qui allait plus tard définir sa carrière.

Déploiement à l’étranger

La situation a changé en 1988, lorsqu’elle a été affectée à la base des Forces canadiennes de Baden-Soellingen, en Allemagne, au sein du 439e Escadron.

À l’époque, c’était comme gagner à la loterie.

« J’étais ravie d’obtenir cette affectation. Je la voyais comme des vacances en Europe. Je savais que je travaillerais, mais j’aurais la possibilité de voyager pendant mes congés. Je mettais ma formation à profit dans des situations concrètes, mais la guerre n’était pas vraiment un facteur dans ma réflexion. »

L’Allemagne de la fin de la Guerre froide présentait un étrange mélange de routine et de préparation. Les bases de l’OTAN étaient construites non seulement pour faire fonctionner des avions, mais aussi pour survivre aux premières heures d’un éventuel conflit nucléaire. Sous les forêts et les aérodromes se trouvaient des bunkers fortifiés. Il s’agissait de structures en béton armé conçues pour résister aux ondes de choc, protéger les composants des aéronefs, abriter le personnel et assurer la continuité des opérations en cas de menace nucléaire, chimique ou biologique.

« C’était une infrastructure de la Guerre froide, dit-elle. Tout était conçu pour l’éventualité que la situation dégénère très rapidement. »

Pendant un certain temps, sa vie s’est résumée à l’entraînement militaire, la maintenance des avions, les exercices et les congés pour voyager en Europe.

Début de la guerre

« Puis le monde réel a frappé à notre porte », dit-elle.

Lorsque l’Irak a envahi le Koweït en août 1990, l’équilibre géopolitique que la Guerre froide maintenait a été bouleversé.

Les membres de son escadron ont été informés qu’ils allaient participer à un déploiement.

« En gros, toutes les personnes valides étaient mobilisées, dit-elle. Quelques personnes ont fait valoir leur droit à l’objection de conscience et se sont désistées. Mais la plupart étaient prêtes à y aller. C’était pour cela que nous nous étions entraînés. »

Une femme se tient debout dans le désert, une rangée d’avions militaires derrière elle. Elle porte une tenue militaire verte, un chapeau beige et sa main gauche est placée sur sa hanche.

Maria Vidotto se tient devant la piste d’atterrissage à Doha, au Qatar, pendant la guerre du Golfe.

Ils ont été envoyés à Doha, au Qatar, dans le cadre de la contribution du Canada à la force de la coalition pendant la guerre du Golfe. Au début des années 1990, il n’y avait ni téléphones intelligents, ni médias sociaux, ni flux d’information en continu.

« Nous n’avions pas de troupes sur le terrain au Koweït, précise-t-elle. Nous étions à distance. L’armée s’occupait de notre sécurité à l’époque. Je n’étais pas pleinement consciente de ce que faisaient les autres. »

Les informations leur provenaient des directives du commandement — et des alarmes.

Les camps où ils vivaient étaient des bâtiments délabrés, en mauvais état, modifiés et réparés à la hâte par des ingénieurs de l’armée. C’étaient des cabanes dans le désert, avec l’eau courante et l’électricité, mais sans véritable infrastructure électronique.

« Nous étions plus ou moins dans le flou. Nous nous concentrions sur la vision d’ensemble, et non sur ce qui était immédiatement visible. »

Elle se souvient très bien du jour où un groupe de renforts est arrivé.

Une femme portant un masque à gaz et une combinaison de protection se tient debout, une main sur la hanche.

Maria Vidotto porte un équipement de protection chimique, biologique, radiologique et nucléaire à Doha, au Qatar.

Ils n’étaient sur place que depuis quelques semaines lorsqu’un avion transportant du personnel de soutien est arrivé à l’aérodrome de Doha. Elle et d’autres personnes se trouvaient sur le tarmac pour les accueillir. À l’approche de l’avion, les alarmes des missiles Scud ont commencé à retentir dans l’air du désert.

« Nous portions déjà l’équipement CBRN complet », souligne-t-elle, faisant référence à l’équipement de protection chimique, biologique, radiologique et nucléaire de l’armée.

« Ils atterrissent là pour la première fois et ils voient tout le monde courir partout avec des masques à gaz, dit-elle en riant. Leurs yeux étaient écarquillés. On leur a dit : Bienvenue à Doha! »

Activités récréatives

Malgré les menaces, la vie militaire continuait normalement.

Durant ses jours de congé, elle apprenait à nager dans la piscine d’un hôtel à Doha, faisait du sport, jouait au volley-ball et donnait des cours d’aérobie. Elle adorait écrire des lettres, dont beaucoup étaient des réponses à des écoliers canadiens qui avaient écrit à son escadron.

Où qu’ils aillent, ils emportaient cependant leur équipement de protection avec eux.

« On n’allait jamais nulle part sans notre équipement, dit-elle. Même dans les transports en commun. »

Son travail l’obligeait à se rendre constamment sur la piste, dans un vacarme assourdissant. Elle portait des protections auditives, chargeait des armes, diagnostiquait des problèmes et réparait des avions sous pression. De gros avions de la coalition survolaient Doha sans relâche. Le rythme s’est intensifié une fois la guerre aérienne commencée.

« Nous avions des lignes directes et des lignes indirectes. Dès le début de la guerre, les deux étaient opérationnelles. Nous devions avoir une demi-douzaine d’avions prêts à décoller en permanence. »

Leurs objectifs étaient clairs et la mission était ciblée.

« Notre ligne d’attaque était concentrée. Principalement des lignes de véhicules de guerre irakiens. »

Fin de la guerre

Fin février 1991, quelques jours avant la fin de la guerre, sa rotation sur le théâtre d’opérations a pris fin et elle a été rapatriée par avion vers son unité d’origine en Allemagne.

« J’étais déçue de partir, admet-elle. Une fois qu’on est dedans, on veut aller jusqu’au bout. »

« J’étais heureuse d’y avoir participé. Je me sentais privilégiée de contribuer à quelque chose d’utile. J’ai toujours voulu être au cœur de l’action, là où ça se passait. J’étais au bon endroit au bon moment. »

Elle a été sélectionnée pour retourner brièvement au Canada à l’occasion d’un défilé commémoratif de la guerre du Golfe. En uniforme, elle a aperçu une banderole dans la foule accusant les forces de la coalition d’être des « assassins d’enfants ».

« Cela m’a marquée », dit-elle calmement.

Blessures et réadaptation

Sa carrière s’est poursuivie à travers des décennies de conflits modernes : missions en Italie pour soutenir le conflit Yougoslavie-Kosovo, en Afghanistan et à Chypre. Elle a été envoyée en mission à de nombreuses reprises, revenant souvent blessée.

Une femme en uniforme d’aviatrice est agenouillée devant un avion, au centre d’un collage de photos, devant une chaîne de montagnes.

Maria Vidotto est au centre d’un montage photo de son service dans l’opération Echo à Aviano en Italie.

Elle a subi une rupture du ligament croisé antérieur en 1987, puis des hernies discales en chargeant de l’équipement à Aviano, en Italie, ce qui a nécessité une évacuation sanitaire qu’elle a trouvée profondément humiliante. Des opérations au genou et au dos se sont ajoutées au fil des ans, mais elle a continué.

« Avec les blessures, le seul moyen de s’en sortir, c’est de rester actif. Je fais constamment de la réadaptation. Il faut rester actif. Si on ne bouge pas, on meurt. »

Lorsque les normes de condition physique des Forces canadiennes ont été modifiées pour mettre l’accent sur le levage et le traînage, ses blessures liées au service ont fini par la rattraper.

« Je n’ai pas pu continuer », dit-elle.

Elle a prolongé son service de trois ans, se réorientant vers le travail dans le domaine de l’informatique et des systèmes de TI, un domaine dans lequel elle a découvert qu’elle était douée. En mai 2018, elle a été libérée pour raisons médicales après près de 35 ans de service, prenant sa retraite avec le grade d’adjudant.

Aujourd’hui, Maria affronte son combat le plus difficile à ce jour : un mélanome métastatique de stade 4.

« Ils essaient de m’acheter un peu de temps. C’est la vie. »

Elle continue de vivre pleinement sa vie : marche, kayak, équitation et natation. La même force de caractère qui l’a soutenue lors de ses déploiements la soutient encore aujourd’hui.

« Les endorphines aident. Il faut persévérer. Je suis reconnaissante pour chaque jour passé sur cette terre, et je continuerai d’être reconnaissante pour chaque nouveau jour. »

Avec courage, intégrité et loyauté, Maria Vidotto laisse sa marque. Elle est une vétérane des Forces armées canadiennes. Découvrez d’autres histoires

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