Arthur Hair

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Arthur Hair

Arthur Hair a fondé le Fonds du Souvenir en 1909 afin veille à ce que les anciens combattants admissibles obtiennent les fonds nécessaires à la tenue de funérailles, à des services d’inhumation et à des pierres tombales convenables.

Montréal (Québec) 

Introduction

Né en Angleterre, en 1873, Arthur émigre au Québec à l’âge de 13 ans et se joint à la Milice à l’âge de 16 ans. Après plusieurs années de service dans l’Armée canadienne, il retourne en Angleterre. Là, il s’engage dans l’Armée britannique et sert dans le Royal Horse Artillery en Inde et ensuite durant la guerre d’Afrique du Sud. Il quitte le service en 1902 et retourne au Canada où il occupe le poste de préposé en chef à l’Hôpital général de Montréal.


Le moment qui a changé sa vie

En décembre 1908, un vieil homme, James Daly, est trouvé inconscient dans l’entrée d’un immeuble du centre-ville. Il est transporté à l’Hôpital général de Montréal pour cause d’hypothermie et de malnutrition - il est à l’article de la mort.

Arthur Hair remarque une enveloppe bleue sortant de la poche du manteau de l’homme éprouvé. Hair, lui-même ancien combattant, reconnaît le type d’enveloppe envoyée aux soldats démobilisés de l’Armée britannique. Il ouvre l’enveloppe et constate qu’il a servi durant 21 ans et combattu pendant la guerre de Crimée.

À l’époque, les programmes sociaux, dont l’aide sociale et l’assurance-maladie, n’existent pas et de nombreux anciens combattants britanniques qui ont émigré au Canada se retrouvent dans la misère, surtout à leurs vieux jours. Leur pension militaire est maigre et, dans bien des cas, ces hommes n’ont pas les moyens de payer leurs propres funérailles.

Hair tient à ce que Daly ait des funérailles convenables et se tourne vers des organisations locales d’anciens combattants. Les quelques organisations de l’époque ne sont pas en mesure d’assumer les frais d’inhumation des anciens combattants appauvris.

Hair est consterné à l’idée que Daly n’aura peut-être pas un enterrement convenable et sollicite l’aide de ses amis et collègues. Cet épisode engage Hair dans un autre tournant de sa vie, qui mènera à la création du Fonds du Souvenir.

« Honorer et protéger dans la mort est un juste tribut à celui qui, dans la vie, a défendu l'honneur de sa patrie. »


Les débuts du Fonds du Souvenir

Hair s’investit dans une cause qui lui est très chère; la mener à bien ne sera pas une mince tâche. Dans une lettre adressée au journal The Gazette, il propose la constitution d’un fonds pour éviter que des cas déplorables, comme celui de Daly, ne se reproduisent plus à Montréal. Hair, un homme de milieu modeste, sait qu’il ne pourra atteindre son but sans le soutien des Montréalais bien nantis. À la suite de nombreux efforts, le Last Post Imperial Navy and Military Contingency Fund est mis sur pied en avril 1909.

La reconnaissance officielle ne tarde pas. Le gouverneur général Albert Grey est choisi président d’honneur, le premier d’une lignée de gouverneurs généraux à occuper cette fonction. Les premières funérailles subventionnées par le Fonds, celles de A. Walter Walters, un ancien combattant de la guerre d’Afrique du Sud.

« Le Fonds du Souvenir n’est pas une oeuvre de charité, c’est un devoir. »


Impact de la Première Guerre mondiale

Après le début de la Première Guerre mondiale en août 1914, le Fonds contribue à l’effort de guerre de nombreuses façons, notamment en venant en aide aux familles de militaires dans le besoin, aux soldats en uniforme et en participant au recrutement. Le Fonds vise également à ériger des monuments au Canada et outre-mer, ainsi qu’à appuyer des maisons de convalescence hébergeant les soldats blessés.

La Grande Guerre est terminée et des centaines de milliers d’anciens combattants canadiens rentrent au pays. Les épreuves de la guerre ont été rudes; ils sont nombreux à revenir en mauvaise santé et à être marqués psychologiquement par leurs expériences. Le Fonds doit alors assumer les frais funéraires d’un nombre grandissant d’anciens combattants ne pouvant travailler par suite de blessures physiques ou psychiques et qui sont sans le sou à leur décès.

Au début, le Fonds se maintient uniquement grâce aux dons des particuliers. En 1921, sa constitution en compagnie, sous le nom officiel de Fonds du Souvenir en vertu d’une loi fédérale, lui permet de recevoir des fonds gouvernementaux. Pour être admissible à ce financement, le Fonds doit toutefois étendre ses opérations à la grandeur du pays, une tâche colossale qu’entreprend Arthur Hair.

Le premier enterrement à l’extérieur du Québec a lieu à Toronto en novembre 1922. L’année suivante, le Fonds acquiert une plus grande notoriété lorsque le lieutenant-général Sir Arthur Currie, le commandant du Corps canadien durant la Première Guerre mondiale, est nommé à sa présidence.

Le nombre d’enterrements augmente progressivement dans les années 20 et les filiales locales du Fonds s’affairent à trouver des terrains pour les anciens combattants de leur région. Malgré les bouleversements qu’occasionne la Grande dépression, le Fonds gagne de l’importance dans les années 30. Durant la crise, de nombreux anciens combattants vivent dans l’indigence et certains, dont la santé s’est détériorée en raison de la pauvreté qui les afflige, meurent. Le Fonds doit alors répondre à un nombre croissant de demandes d’aide pour les funérailles.

La plus grande réalisation de la décennie est la création du Champ d’honneur nationa, un imposant cimetière au Québec appartenant au Fonds du Souvenir.


National Field of Honour

Croix du Souvenir au Champ d'honneur national.

Le cimetière, établi en 1930, est réaménagé plusieurs fois au fil des ans. On a érigé une imposante Croix du Souvenir en 1934 et dévoilé la Porte du Souvenir en 1937.

Depuis le tout début, le Fonds traite de la même façon ceux qui sont inhumés au cimetière. Les terrains sont quasi identiques et reçoivent tous le même entretien. Tous les vétérans sont égaux dans la mort - simple soldat et général, héros et celui dont le service a été sans éclat, indigent et fortuné - en raison de leur service pour la paix et la liberté.

En 1946, Arthur Hair meurt et il est inhumé comme il convient au Champ d’honneur après une vie d’efforts inlassables consacrés à aider ses compagnons d’armes.

 

À la fin des années 80 et au début des années 90, le Fonds resserre ses liens avec Anciens Combattants Canada. En 1998, le Fonds prend en main l’administration de l’Aide pour les funérailles et l’inhumation.