Sherry Lundrigan

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Enrôlement

1980

Affectations

  • Juillet 1980 à août 1980 – IMG 1
  • Septembre 1980 à août 1982 – Programme des aspirants de la Réserve navale
  • Août 1982 – Commission de la Reine – promue au grade d’enseigne de vaisseau de 1re classe
  • 1983 – Officière de logistique adjointe – Escadre de sous-marins du Canada – BFC Halifax
  • 1984 – Officière responsable – Cours d’approvisionnement – BFC Borden
  • 1985 – Commissariat à l’information – IMG 1 – NCSM Cabot, SFC St. John’s

Sherry Lundrigan

St. John’s (T. N. L.)

L’enseigne de vaisseau de 1re classe Sherry Lundrigan s’est enrôlée dans la Réserve navale pour servir le Canada, mais la Purge LGBT a mis fin prématurément à son engagement. Aujourd’hui, elle tire une fierté renouvelée de son service.

Inspiration familiale

Sherry Lundrigan en uniforme militaire vert salue un agent en uniforme rouge de la GRC. Ils se tiennent devant une rangée de diplômés.

Sherry Lundrigan reçoit sa commission lors de la journée de la remise des diplômes. Mme Lundrigan s’est épanouie lorsqu’elle s’est enrôlée dans la Réserve navale, mais son optimisme a changé lorsque sa relation avec une autre femme a été découverte.

Sherry Lundrigan est née et a grandi à St. John’s, à Terre‑Neuve-et-Labrador. Elle vivait à la base de Pleasantville où son père travaillait comme agent de la GRC. En grandissant, elle a été entourée d’exemples à suivre en matière de service. Son père a servi pendant la Seconde Guerre mondiale et son frère aîné s’est enrôlé dans la Force aérienne.

En vieillissant, leur exemple a été pour elle une source d’inspiration. Après avoir réalisé qu’elle voulait servir son pays, elle s’est jointe à la Réserve navale à l’âge de 17 ans.

« C’était simplement quelque chose qui venait de mon for intérieur : j’avais envie de servir mon pays. »

Le moment où tout a changé

Après son enrôlement, Mme Lundrigan a apprécié la structure et la discipline, et s’est sentie à sa place. La camaraderie entre les membres de la Réserve lui donnait l’impression d’avoir trouvé sa vocation.

« C’était exactement comme je m’y attendais. »

Puis, au cours de son premier été de formation d’officière, tout a changé.

Pendant sa formation, Mme Lundrigan a rencontré une femme avec qui elle a noué une relation. C’était la première fois qu’elle explorait des sentiments qu’elle essayait encore de comprendre. Lorsque la relation a été découverte, l’autre femme a été transférée à une autre base.

Après le retour de Mme Lundrigan à son unité d’appartenance, elle a été convoquée par une officière supérieure et interrogée sur sa sexualité. Cette expérience l’a fait pleurer. Elle a juré que cela ne lui arriverait plus jamais.

« Je n’ai jamais oublié ce moment. Cela a eu d’énormes répercussions sur moi et sur la personne que j’allais être, alors j’ai refoulé mon identité. »

Prendre conscience de son identité

Sherry Lundrigan a continué son travail, mais elle a subi beaucoup de stress émotionnel.

Pendant des années, elle a essayé de cacher une grande partie de sa personnalité. Elle s’est dit qu’elle pouvait la contrôler, mais une relation avec une autre femme l’a aidée à réaliser la vérité : elle était gaie.

Elle ne savait pas quoi faire. Si elle révélait son identité à ses supérieurs, elle risquait d’être expulsée de l’armée dans le cadre de la Purge LGBT : une époque où le gouvernement identifiait, harcelait et congédiait systématiquement les personnes 2ELGBTQI+ des FAC, de la GRC et de la fonction publique.

Elle a décidé de se confier à un sous-officier supérieur en qui elle avait confiance, avec l’espoir d’obtenir de la compréhension ou du soutien.

Au lieu de cela, il a dit exactement ce qu’elle ne voulait pas entendre.

« Vous devez quitter l’armée, a-t-il déclaré. Si vous ne démissionnez pas par vous-même, ils vont le découvrir et vous serez expulsée. »

Purgée de l’armée

Sherry Lundrigan s’exprime devant un microphone, avec un drapeau de la Fierté derrière elle. Elle tient une plaque et un papier sur lequel figure une feuille d’érable aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Sherry Lundrigan présente l’insigne des Vétérans Arc-En-Ciel du Canada au Forum des vétérans 2ELGBTQI+ de 2025. Après des années de counseling et de soutien, Mme Lundrigan s’est jointe à Vétérans Arc-En-Ciel du Canada, où elle s’est employée activement à sensibiliser les Canadiens et Canadiennes à la discrimination que subissent les militaires 2ELGBTQI+.

Craignant d’être libérée pour cause d’indignité et rejetée par sa famille en raison de son orientation sexuelle, et ne voyant aucune autre issue, Mme Lundrigan a été libérée de l’armée un mois plus tard, victime de la Purge LGBT.

Ses parents avaient du mal à comprendre pourquoi elle était partie, car ils savaient à quel point cela comptait pour elle. Mais, comme elle ne leur avait pas encore annoncé son orientation sexuelle, elle ne pouvait pas révéler la vérité.

Après son départ, la vie est devenue difficile. Il lui a fallu beaucoup plus de temps que prévu pour obtenir son diplôme. L’anxiété a commencé à prendre le dessus. Elle s’est mise à avoir peur de prendre l’avion et de conduire, et ces peurs ont continué à limiter ses perspectives de carrière après l’obtention de son diplôme.

Elle a dissimulé une grande partie de la honte et de la peur qu’elle éprouvait. Même parmi les autres membres de la communauté 2ELGBTQI+, elle ne pouvait pas s’épanouir et se sentait seule.

« Ça te marque à jamais, parce que ça s’insinue au plus profond de ton âme et ça te transforme. »

Guérir et aller de l’avant

Un tournant s’est produit lorsqu’elle a reçu la Citation Fierté Canada. Elle s’est jointe à l’organisme Vétérans Arc-En-Ciel du Canada et a rencontré d’autres vétérans et vétéranes 2ELGBTQI+ qui ont vécu des épreuves similaires. Elle a participé aux efforts visant à sensibiliser les Canadiens et Canadiennes à la discrimination que subissent les membres 2ELGBTQI+ de l’armée et de la fonction publique.

Elle a puisé sa force dans les liens qu’elle a tissés avec d’autres survivants et survivantes, et dans le fait de raconter son histoire, afin que d’autres n’aient pas à subir le même sort qu’elle.

« On ne connaît que sa propre situation, à moins de prendre le temps de s’asseoir avec quelqu’un d’autre, et que cette personne ouvre son cœur et se confie entièrement. »

Sherry Lundrigan a également trouvé du soutien auprès d’Anciens Combattants Canada. Les programmes et les services qu’elle a reçus l’ont aidée à guérir et à aller de l’avant.

Elle ne sait pas où elle serait aujourd’hui sans toute l’aide qu’elle a reçue.

« Cela a changé ma vie. Cela m’a permis de surmonter, enfin, le mal qui a été fait, ou comment j’y ai réagi. »

Sherry Lundrigan debout avec un groupe de personnes. Certaines d’entre elles portent des uniformes de la marine.

Mme Lundrigan a participé au défilé de la Fierté d’Halifax de 2026 avec d’autres vétérans et des membres des FAC. Elle estime que les Forces armées canadiennes ont évolué au fil du temps pour mieux refléter la diversité du pays qu’elles servent aujourd’hui.

Fierté renouvelée

Aujourd’hui, Mme Lundrigan continue à raconter son histoire avec fierté et honnêteté. Bien qu’elle ait été victime d’une discrimination injuste, elle demeure reconnaissante en ce qui concerne les compétences qu’elle a acquises dans les Forces.

Elle recommande à tous ceux et celles qui s’intéressent à l’armée de s’enrôler.

« Cela apportera tellement à votre âme et à votre cœur, et vous marcherez très fièrement, la tête haute. Si vous cherchez à mieux vous connaître ou à déterminer ce que vous voulez faire dans la vie, c’est un formidable tremplin pour relever n’importe quel défi. »

Elle croit que les Forces armées canadiennes ont beaucoup changé depuis l’époque où elle était réserviste, et elle a bon espoir pour l’avenir de ses membres.

« L’armée doit maintenant être le reflet des Canadiens, et les Canadiens viennent de tous les horizons, donc le message est clair. »

Avec courage, intégrité et loyauté, Sherry Lundrigan a laissé sa marque. Elle est une vétérane des Forces armées canadiennes. Découvrez d’autres histoires.

Le Musée canadien pour les droits de la personne présentera l’exposition Amours cachés : La Purge LGBT au Canada jusqu’au 1er janvier 2027, afin de mettre en lumière d’autres histoires de survivants de la Purge LGBT. Il y a aussi une exposition-kiosque.

Apprenez-en davantage sur cette partie importante de l’histoire militaire du Canada et sur les personnes 2ELGBTQI+ qui ont servi.

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