De la Ligne Hitler à Ligne gothique

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M. Mimeault nous racontent ses premiers combats.

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Moi j’ai commencé… mon arrivée au bataillon… ils sortaient de la Ligne Hitler. Fait que, on était deux, trois qui arrivaient comme renforts. Et, le caporal, un moment donné, il vient me trouver, il dit : « Mimeault, viens prendre une mitrailleuse. » J’ai dit : « Quoi !? » « Viens prendre la mitrailleuse. » J’ai dit : « Écoutez, je refuse pas de prendre la mitrailleuse, mais je n’ai jamais faite d’action moi là. Si je pars en peur avec la mitrailleuse, vous allez avoir quoi vous ? » « Ah non ! J’ai confiance ! J’ai confiance. »Un moment donné, ils nous approchent de, de… le bataillon de… Y’avait une grosse vallée là, puis on entendait les mitrailleuses qui tiraient là-dedans, pis l’antitank, les canons, pis les aviations qui bombardaient. Un soir, le colonel Allard, y’approche su’l bord, il dit : « Vous voyez là ? C’est la Ligne gothique. On part à soir, on marche toute la nuit, pis demain on l’attaque. » Là j’ ai pensé : « Hé Christ ! Qu’est-ce que j’ai faite là moi !? » (rire) Ah oui !Toujours… On est arrivé là… on était supposé arriver là il faisait noir, on est arrivé, il faisait clair. En plain champ découvert, avec l’élévation en avant de nous autres. Les Allemands étaient là.Mais savez-vous c’qu’ils savaient pas… ou ce qu’on savait pas ? Y’avait une compagnie en avant de nous autres. Le PPCLI. Un moment donné, on entend un… des hurlements pis des… C’était le PPCLI qui saute sur les mines ! Ç’a été, ç’a été épouvantable. En tout cas y’ont envoyé… c’est arrivé le matin ça, vers quatre heures, pis le soir, y’ont envoyé des, des ingénieurs pour faire une ouverture dans le champs de mines là, y’avait encore des blessés là. Ouen. Ç’a été un massacre terrible.Mais moi aussi… (rire) moi aussi ç’a été un massacre quand ç’a commencé cette affaire-là ! Tout le monde se sont jetés à terre. Mais tout le monde était debout pis moi j’étais encore à terre ! (rire) Le caporal, il dit : « Qu’est-ce tu fais là Mimeault ? » Je dis : « Qu’est-ce tu fais là… Ils tirent sur nous autres ! » Il dit : « Non, non, c’est les nôtres. » J’ai dit : « Aye ! Ça vient de là pis les nôtres sont par là. » Toujours… mais ça c’est replacé.Y’ont dit : « Là creusez, creusez vite ! » En tout cas, on est rentré là nous autres y’était quatre heures le matin, on est sorti à quatre heures dans l’après-midi. On était deux. (inaudible) arrive. Y’était le deuxième sur la mitrailleuse. On a mis ça sur le bord du trou. On creusait, on creusait ça, mais y’avait pus moyen de creuser, y’avait des francs-tireurs (sic) partout. Toujours… On était couché dans le trou, en plein soleil, pis en Italie le soleil y’est là ! Puis… on était couché la tête aux pieds dans le… dans le trou. Un moment donné, il y en a un des deux qui disait à l’autre : « Essaie de grouiller un peu, j’ai une crampe. » Aussitôt qu’on voulait grouiller, pic !, une balle dans les fesses, su’l bord du trou ! La crampe se passait pour une demi heure.

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