Warning!
This video is only available in French.
Warning!
This video contains graphic content that may offend some viewers. Viewer discretion is advised.
Description
M. Cauchy nous raconte le jour de sa libération par les troupes soviétiques.
Transcript
On était pris en sandwich, hein. Les Alliés avançaient d’un côté, les, les Russes d’un côté.Bon, on trouvait que les Russes avançaient très vite, nous autres. À un tel point que quand qu’on attendait dans les rangs là, on faisait de la gymnastique en attendant pour essayer de se réchauffer, pis on était là, on disait : « Come on Joe ! Come on Joe ! » Les Allemands, je sais pas si y’aimaient ça. Alors c’est… Joe c’était Staline ! Moi, Joe Staline pour moi c’était mon idole, dans le camp. (rire) Je trouvais qu’y’avançait vite pis ça faisait mon affaire ! (rire) Ça faisait l’affaire de tout le monde. « Maudit ! Les Alliés qu’est-ce qu’ils font ? Pis les Russes y’avancent ! Ça, eux autres sont capables ! » Ah ! Ça finissait pas.Un moment donné, le trente avril au soir, y’est arrivé un, un Russe à cheval.Les Allemands, avec leurs troupes, reculaient avec leurs prisonniers de guerre quand les Russes avançaient. Le commandant américain y’a dit : « Il n’est pas question qu’on fasse la marche. On fera pas ça. On va rester ici pis on va attendre la libération. C’est tout. » Pis sur les toits là, y’a un toit qui est écrit : POW, prisonner of war. C’est ça.Les Allemands, le trente avril aussi, nous ont, nous ont laissés eux autres, le trente avril, dans la nuit. Le lendemain, pas un Allemand ! C’qu’on a vu dans les miradors; des Russes. C’était les Russes qui nous gardaient.Les gars qui avaient été prisonniers depuis des mois et puis plusieurs années, la première chose qu’ils voulaient c’est sacrer le camp, sortir ! Aller prendre le large. Y’en a beaucoup qui ont fait ça, mais c’était interdit.Pis là y’ont demandé deux volontaires pour aller, pour aller dans la cuisine. Les deux volontaire… ben y’avait mon gars là de Montréal et puis y’avait moi. C’est correct. Y’ont dit : « Vous allez pouvoir manger c’que vous voulez. »Ah ben, moi qui aimait ça manger : « O.K. J’y va tout’suite ! » (rire) Là j’suis venu… une balloune ici, hein, c’était gonflé, hein. C’était juste du vent…Finalement, la guerre a fini le huit mai, on est sorti de là le treize. J’m’en souviens comme si c’était hier. Quand j’ai vu le premier bombardier arriver à cinq heures moins quart, et puis là ç’a été une joie énorme.Là on est parti, moi le treize, j’m’en souviens, le treize vers la fin de l’après-midi, et puis quelque… une heure, une heure et demi après, je l’sais pas quel temps exactement ç’a pris là, on était paqueté dans l’avion au bout, on était content et puis sales, très sales, et puis les cheveux longs, pis tout ça... Là on est arrivé dans le sud de l’Angleterre et puis y’avait des… dans l’aviation y’avait des femmes aviateurs, elles s’étaient toutes changer, mais habillées en civiles, avec des robes. Ça fait qu’on était… là on est arrivé dans un endroit, des grandes salles là, pis des nappes blanches là, du pain blanc sur la table, sandwichs blanches… pis c’est des femmes là, on aurait dit qu’elles faisaient par exprès, elles nous servaient le thé pis là elles se frottaient un peu avec leur robe, le froufrou là t’sais ? Ah ! Les gars venaient fous ! Là toutes les femmes étaient belles ! Oui ! (rire)