Bob Crane

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Table des matières

S'est enrôlé

  • 1970

Affectations

  • SFC Inuvik
  • SFC Alert
  • CFLS Ottawa
  • BFC Gander,
  • NSGA Homestead, Floride
  • BFC Kingston
  • BFC Petawawa
  • NDHQ Ottawa

Médailles et distinctions

  • Guerre du Golfe et guerre du Koweït – avec barrette Libération du Koweït par l’Arabie saoudite
  • Médaille de la libération du Koweït (Koweït)
  • Décoration des Forces canadiennes – deuxième agrafe
  • Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (Israël/Syrie)
  • Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies pour l’Iran et l’Irak
  • Médaille de l’OTAN non-article 5 – KFOR (Kosovo)
  • Médaille du service spécial des Forces canadiennes – Alert
  • Médaille canadienne du maintien de la paix
  • Médaille du jubilé de diamant de la reine
  • Médaille du service opérationnel (MSO) – Asie du Sud‑Ouest
  • Médaille d’honneur des vétérans autochtones

Bob Crane

Après avoir laissé derrière lui les nuages sombres de la guerre du Golfe, le major (à la retraite) Bob Crane a trouvé la paix dans une tranquille ferme d’élevage de chevaux, ancrée dans la tradition des Pieds Noirs.

Première Nation des Siksika (Alberta)

Introduction

Lorsque le major (à la retraite) Bob Crane rentre au Canada après la guerre du golfe Persique, l’accueil est festif. Après des mois dans le désert, au milieu de puits de pétrole en feu et sous la pression incessante du commandement, il est enfin à la maison. Mais le soulagement n’est pas immédiat.

Vétéran pied-noir de la Première Nation des Siksika, M. Crane avait déjà une longue carrière militaire à son actif lorsqu’il est parti en déploiement avec le 1er Hôpital de campagne du Canada (1 H Camp C). Il comprenait les exigences du service. Ce qu’il n’avait pas prévu, toutefois, c’est que cette expérience le suivrait jusqu’à la maison.

M. Crane s’est enrôlé en 1970 et a servi un peu partout au Canada et dans le monde, tout au long de sa carrière. Après avoir obtenu sa commission, il est devenu officier des transmissions de l’Armée de terre à la Branche du génie électronique des communications. Avant la guerre du Golfe, M. Crane avait déjà servi au Moyen-Orient au sein du Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies pour l’Iran et l’Irak (GOMNUII).

Le déploiement à la guerre du Golfe

En 1990, au début de la guerre du Golfe, M. Crane est l’officier des opérations du Quartier général de la Force d’opérations spéciales et de l’Escadron de transmissions à Petawawa, en l’Ontario. Il vient de terminer le cours intensif sur le débarquement de l’Armée de terre du Collège de commandement et d’état-major, qui s’avérera crucial dans le Golfe. Compte tenu de l’entraînement de M. Crane et de son expérience au Moyen-Orient, son déploiement avec le 1 H Camp C dans le cadre des opérations Tempête du désert, Friction et Scalpel est tout naturel.

« Je remercie ma bonne étoile, car, n’eût été ce cours, je ne pense vraiment pas que j’aurais pu à mener à bien avec autant de succès toutes les tâches que j’ai finalement accomplies pendant la guerre du Golfe, » dit il.

M. Crane est l’officier des transmissions du 1 H Camp C et supervise les communications entre l’hôpital de campagne et les quartiers généraux alliés. Il soutient l’énorme unité médicale qui s’étend sur près d’un kilomètre carré dans le désert et se charge de la reconnaissance des futurs emplacements, avec à peine plus qu’une Jeep, un chauffeur, une carte et une boussole.

« Il n’y a pas beaucoup de points de repère visibles là-bas, explique-t-il en parlant des défis que pose l’orientation dans le désert. Il faut être très habile pour déterminer les distances parcourues, la direction à prendre – à tâtons et à l’aveuglette. » Il souligne que, dans des moments comme ceux-là, il n’y a d’autre choix que de s’en remettre à son intuition.

Les réalités de la guerre

Bien que l’opération des Canadiens dans le cadre de la guerre du Golfe soit de courte durée, les menaces sont constantes. En tant que commandant de troupe, M. Crane est sans cesse inquiet pour la troupe des transmissions rattachée à l’hôpital.

Le manque de sommeil, l’anxiété et les dangers qui l’entourent sont autant d’ingrédients qui contribuent au développement d’un état de stress post‑traumatique (ESPT).

L’une des réalités les plus difficiles est la menace de la guerre chimique et des risques biologiques. Les troupes prennent des médicaments pour se protéger contre le gaz sarin et pour prévenir le paludisme. Les incendies de puits de pétrole assombrissent le ciel, transforment le jour en nuit et tachent les emblématiques chapeaux Tilley blancs que portent les troupes canadiennes pendant cette mission.

L’un des moments les plus marquants pour M. Crane est le vol qu’il a effectué à bord d’un aéronef CC‑130 Hercules. Lui et son équipe de reconnaissance du Quartier général de la Défense nationale viennent tout juste de décoller de la base canadienne – Canada Dry – et de prendre de l’altitude lorsque le commandant de bord annonce qu’ils doivent faire demi-tour. La guerre aérienne est commencée et le ciel est soudainement rempli d’avions. « C’est comme un poisson qui remonte le courant seul, face à tout un banc de saumons, explique M. Crane. Nous étions en mauvaise posture. »

Alors qu’ils sont encore dans les airs, M. Crane et ses camarades revêtent un équipement complet de guerre nucléaire, biologique et chimique. Une fois le Hercule posé, l’équipage se disperse vers les bunkers. « À ce moment‑là, je me souviens d’avoir eu l’impression que le monde entier venait d’exploser », explique M. Crane. Il décrit le bombardement sensoriel brutal qui marque le début du conflit : les chasseurs qui décollent, les tirs de missiles Scud et Patriot, la fumée, la lumière et le bruit qui envahissent tout.

Le retour à la maison

Lorsque la guerre terrestre prend fin, M. Crane rentre au Canada et s’attend à ressentir du soulagement. Il atterrit à la BFC Uplands à Ottawa devant une foule de gens qui l’accueillent en héros, mais il est épuisé et en colère, et il porte le poids psychologique de ce qu’il vient de vivre. Malgré les acclamations de la foule qui salue le retour des troupes, M. Crane se sent déstabilisé, jusqu’à ce qu’il aperçoive deux visages familiers.

Son ami Ken, également vétéran, et le père de ce dernier, qui a servi pendant la Seconde Guerre mondiale, l’attendent. Ils le conduisent directement de la base à leur ferme d’élevage de chevaux à Maxville, en banlieue d’Ottawa. C’est là, entouré de chevaux, que M. Crane commence à retrouver ses repères.

Le major (à la retraite) Bob Crane, coiffé d’une parure de cérémonie et vêtu de son uniforme complet, participe à un rassemblement public. Il tient un bâton de cérémonie et porte plusieurs médailles.

Le major (à la retraite) Bob Crane qui danse lors du pow-wow Odawa, à Ottawa.

M. Crane décrit cette période de sa vie comme similaire à une équithérapie, et sur le plan personnel, il lie son expérience à l’importance des chevaux dans la culture des Pieds-Noirs. Il y a de cela plusieurs siècles, l’arrivée du cheval sur le territoire des Pieds-Noirs a transformé les moyens de subsistance de ses ancêtres. « Les guerriers pieds-noirs étaient considérés comme les meilleurs cavaliers légers depuis Gengis Khan, explique M. Crane. Nous étions une nation très guerrière et c’était à cause du cheval (...) C’est pourquoi cet animal est un élément immuable de notre culture. »

Lorsque M. Crane est revenu du Golfe, dépassé et épuisé, la compagnie des chevaux – et le fait de s’en occuper, de les monter – a fini par lui libérer l’esprit. « Ils sont très doux, dit‑il. « Si vous savez comment vous occuper d’un cheval, vous ne faites plus qu’un avec lui, et ça vous permet d’oublier tout le reste. »

La compréhension de sa famille lui a donné l’espace dont il avait besoin pour se recentrer. « Ils ont compris pourquoi je devais m’isoler pendant un certain temps, dit-il. Par la suite, je n’ai plus jamais eu à me soucier de l’EPST. »

Le major (à la retraite) Bob Crane joue de la guitare acoustique, souriant, avec une autre personne et un microphone visibles au premier plan.

Le major (à la retraite) Bob Crane jouant de la guitare lors d’une soirée à micro ouvert pour les vétérans et vétéranes à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

La vie au‑delà du service

Après avoir pris sa retraite de l’armée, M. Crane a continué à soutenir des opérations à l’étranger dans le secteur privé, avant de se tourner vers le développement économique et les services-conseils autochtones. Aujourd’hui à la retraite, il conseille les dirigeants de sa communauté et tente d’apprendre la langue pied-noir, dont le statut est menacé.

M. Crane vit au sein de la Première Nation des Siksika et est premier vice-président de la filiale locale de la Légion, à Strathmore, en Alberta. Il enseigne la musique à d’autres vétérans et participe à des performances musicales improvisées. Il a déjà pris part aux programmes Music Healing Veterans à Ottawa et a contribué à l’établissement d’un chapitre à Strathmore.

À l’occasion du 35e anniversaire de la guerre du Golfe, M. Crane est enthousiaste à l’idée de renouer avec le passé, d’honorer les disparus et de rencontrer des gens avec lesquels il n’a pas encore eu la chance de faire connaissance directement, notamment d’autres personnes touchées par l’ESPT.

Toutefois, il se réjouit avant tout du simple acte de prise de conscience associé au fait de se souvenir, ensemble.

Avec courage, intégrité et loyauté, Bob Crane laisse sa marque. Il est un de nos vétérans canadiens. Découvrez d’autres histoires

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