S'est enrôlé
1987
Affectations
- NCSM Athabaskan – 1988-1992
- NCSM Iroquois – 1992-1996
- École des opérations navales des Forces canadiennes – 1996-1999
- NCSM Athabaskan – 1999-2002
- NCSM Fredericton – 2002-2003
- Centre de guerre navale des Forces canadiennes – 2003-2007
- NCSM Athabaskan – 2007-2009
- Quartier général des Forces maritimes de l’Atlantique – 2009-2011
- Centre de guerre navale des Forces canadiennes – 2011-2014
- Directeur – Besoins de la Marine – 2014-2017
- NCSM Halifax – 2017-2018 (capitaine d’armes)
- Chef de division du directeur général – Gestion du programme d’équipement maritime – 2018-2021
- Chef du Groupe du sous-ministre adjoint (Matériel) – 2021-2024
Expérience opérationnelle
- Opération Friction, golfe Persique : 1990-1991
- Opération Sharp Guard, guerre de Bosnie : 1993-1994
- Opération Apollo, golfe Persique : 2003
Sur les traces de son père
Né à Halifax en 1969, Gerald Doutre a grandi dans une famille de militaires à Lantz, en Nouvelle-Écosse, et a déménagé dans différentes collectivités tout au long de son enfance. Son père a servi dans la Marine, et plusieurs membres de sa famille ont servi pendant les Première et Seconde Guerres mondiales.
Pendant ses études secondaires, M. Doutre travaillait à temps partiel au mess des adjudants et des sergents à Ottawa, où son père était président du comité. Le fait de voir de près le mode de vie militaire l’a incité à suivre les traces de son père et à s’enrôler.
« Servir mon pays a toujours été quelque chose qui m’attirait. »
M. Doutre s’est enrôlé dans la Marine immédiatement après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires en 1987 et a entamé une carrière de 36 ans qui a été marquée dès le début par un déploiement important.
Ses débuts en mer

Gerald Doutre a commencé sa carrière dans la Marine à bord du NCSM Athabaskan en 1988. En tant qu’opérateur de détecteurs électroniques navals, il aidait son équipage à identifier les bateaux et les aéronefs en mer.
M. Doutre a travaillé comme opérateur de détecteurs électroniques navals, et a commencé sa première affectation à bord du NCSM Athabaskan en 1988. Il était chargé d’identifier les navires, les sous-marins et les avions en mer, et de déterminer s’ils étaient amis ou ennemis. Il a également travaillé de concert avec son équipe pour protéger le navire en menant des opérations de contrôle de tir, qui comprenaient le tir de tous les missiles et canons du navire, ainsi que le déploiement de contre-mesures pour se défendre contre des missiles en approche.
Lors de son premier voyage en mer, M. Doutre et ses camarades de bord se sont rendus sur la côte norvégienne pour participer à des exercices d’entraînement. Peu après son arrivée, le NCSM Athabaskan a reçu une demande d’aide d’une frégate belge qui s’était échouée. Le navire s’est mis en route pour remorquer la frégate, mais les eaux étaient moins profondes que prévu et l’Athabaskan s’est rapidement retrouvé lui aussi échoué.
« Lors de ma toute première mission dans la Marine, nous nous sommes échoués avant même que j’aie eu l’occasion de faire escale dans un port », raconte-t-il.
Peu après, il allait devoir faire face à une mission encore plus importante.
Cap sur le golfe Persique
Au cours de l’été 1990, l’Irak a envahi le Koweït. Le Canada s’est joint à la coalition internationale et a envoyé trois de ses navires de guerre dans le golfe Persique. M. Doutre servait à bord de l’un de ces navires, le NCSM Athabaskan.
Les navires étaient désuets et il a fallu près de trois semaines pour effectuer six mois de travaux afin de moderniser leurs systèmes d’armement. La tension était palpable lorsque les navires se préparaient à partir. C’était la première fois que le Canada envoyait sa marine en guerre depuis la guerre de Corée.
Mais M. Doutre était prêt.
« Il ne s’agissait plus d’un simple exercice. Nous allions enfin accomplir la mission pour laquelle nous nous étions enrôlés dans les Forces armées canadiennes. »
Le 24 août 1990, les navires ont pris la mer, et les Canadiens et Canadiennes étaient présents pour manifester leur soutien.
Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées le long des côtes d’Halifax et de Dartmouth. Une flottille de voiliers s’est réunie dans le port. Les familles ont attaché des rubans jaunes aux arbres pour rendre hommage aux soldats qui combattaient pour leur pays.
« Ce fut un événement mémorable lorsque nous sommes partis », se souvient M. Doutre.
Servir pendant la guerre du Golfe
M. Doutre et son équipe se sont rendus dans le golfe Persique en passant par le canal de Suez, où ils ont pu voir les ruines laissées par les guerres précédentes.
« Dès notre arrivée, tout s’est enchaîné sans interruption, raconte M. Doutre. Nous nous sommes immédiatement mis au travail. »
Le Groupe opérationnel canadien supervisait la logistique de combat pour l’ensemble du golfe à bord du NCSM Athabaskan. Il devait savoir à tout moment où se trouvait chaque navire et s’assurer que les navires alliés disposaient de suffisamment de carburant, de munitions et de ravitaillement durant la guerre. Il veillait également à maintenir les navires marchands à distance des navires de guerre et à faire respecter les sanctions imposées à l’Irak. À un certain moment, le NCSM Athabaskan a navigué dans un champ de mines et aidé un croiseur américain endommagé à regagner la côte.

Juste avant la fin de la guerre du Golfe, les forces irakiennes ont incendié des centaines de puits de pétrole au Koweït alors qu’elles battaient en retraite. Les incendies ont noirci le ciel d’une épaisse fumée, de sorte que M. Doutre et ses camarades ne pouvaient travailler que 20 minutes à la fois.
Au cours de la dernière semaine de la guerre, les forces alliées ont chassé l’armée irakienne du Koweït. Tandis qu’elles battaient en retraite, les forces irakiennes ont incendié des centaines de puits de pétrole. La fumée des incendies était si dense que le ciel s’est assombri de sorte que Gerald et ses camarades ne pouvaient rester à l’extérieur que 20 minutes à la fois.
« Nous n’avons pas vu le soleil pendant toute la semaine où nous étions là-bas... et quand il pleuvait, c’était une pluie noire qui tombait sur nous. »
Tout au long de la guerre, M. Doutre a gardé le moral grâce à sa famille. Ils sont restés en contact en s’envoyant des lettres, en se téléphonant lorsqu’il était à terre et en coordonnant l’envoi de colis par la poste. Un entrepreneur de Halifax s’est d’ailleurs arrangé pour livrer des lecteurs de cassettes personnels à M. Doutre et à ses camarades à Bahreïn.
« Ils étaient gravés personnellement à l’intention de tous les marins, soldats et aviateurs des navires qui se trouvaient là-bas pour Noël. Je possède encore le mien. »
Le souvenir de l’impact de la guerre

En 2021, M. Doutre a été invité à l’ambassade du Koweït à Ottawa, où l’ambassadrice l’a reçu, ainsi qu’un groupe de vétérans et d’autres personnes, pour un déjeuner. C’est là qu’il a compris l’impact de son service pendant la guerre du Golfe.
Bien que M. Doutre soit fier d’avoir contribué à la libération du Koweït, il n’a pris conscience de l’impact de sa mission que plusieurs années plus tard. Comme il a passé la plupart de son temps à bord d’un navire, il n’a pas eu l’occasion de voir les visages des personnes à qui il a permis de retrouver la liberté.
En 2021, il a été invité à l’ambassade du Koweït à Ottawa, où l’ambassadrice l’a reçu, lui et un groupe de vétérans, pour un déjeuner. L’ambassadrice était une jeune fille pendant la guerre du Golfe et elle a raconté comment des membres de sa famille et des amis avaient été kidnappés par les forces irakiennes. C’est à ce moment-là qu’il a compris l’importance de son service.
« J’ai pu constater l’impact personnel de ce que nous avons accompli il y a environ 30 ans. »
En tant que membre exécutif de l’Association canadienne des vétérans de la guerre du Golfe, il aide souvent à organiser des initiatives de commémoration de la guerre du Golfe. Son groupe a également fait pression sur le gouvernement canadien pour qu’il fasse un don en vue de la construction d’un monument dédié à la guerre du Golfe à Washington, D.C. Il a hâte de souligner le 35e anniversaire de la guerre du Golfe cette année et de retrouver ses camarades vétérans.
« Lorsque nous voyons des vétérans de la guerre du Golfe, nous ressentons un lien spécial qui nous unit. »
La vie après le service
M. Doutre a pris sa retraite des Forces armées canadiennes en 2024, après près de quatre décennies de service.
Il demeure actif en s’impliquant au sein du Bedford Basin Yacht Club, où il a appris à naviguer. Le club arbore un drapeau canadien qui a été utilisé sur le NCSM Terra Nova, l’un des navires qui ont participé à la guerre du Golfe, en mémoire de sa contribution à la libération du Koweït.
M. Doutre sait que d’autres vétérans de la guerre du Golfe comme lui sont fiers de leur service pendant la guerre. Il espère que les Canadiens se souviendront des raisons pour lesquelles ils sont allés combattre au Koweït.
« La guerre du Golfe et la libération du Koweït ont été le point culminant de ma carrière. Le Canada a joué un rôle majeur dans la coalition des pays qui ont libéré ce pays – espérons que nous n’aurons pas à le refaire. »
Avec courage, intégrité et loyauté, Gerald Doutre a laissé sa marque. Il fait partie de nos vétérans canadiens. Découvrez d’autres histoires.
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