Outre-mer !

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Description

Après s’être enrôlé, M. Champoux se retrouve rapidement en Angleterre où il passera presque trois ans en formations de tous genres.

Henri-Paul Champoux

Après s’être enrôlé, Monsieur Henri-Paul Champoux se retrouve rapidement en Angleterre où il participera à des formations de tous genres (commando, gaz nocifs, pontage et autres) pendant presque trois ans. Affecté à la 85e Compagnie de pontage, il débarque en Normandie deux jours après le jour J. Au sein de sa compagnie, il bâtit des ponts en France, en Belgique et aux Pays-Bas afin de permettre à sa division d’avancer sur les Allemands en déroute. Il échappe à la mort plusieurs fois au cours de cette avancée et vit plusieurs histoires assez cocasses qu’il raconte avec humour. Il épouse une Française juste après la guerre et demeure en France quatre ans avant de revenir au Canada.

Transcription

À Borden, Ontario, là, là on passait devant un colonel. Tous les Canadiens-Français passaient devant un colonel. Y’avait une cabane. On rentrait par un bord pis on sortait par l’autre. Sais-tu quelle question qu’il posait ? « You speak English? » On disait : « Non. » « Ben tu parles anglais, tu viens d’me répondre. Outre-mer ! » (rires) Oui ! Ça fait que j’ai été outre-mer. (rires)On a fait des cours là-bas. On va dire. On a été… moi je suis arrivé là-bas en 41 et puis on a débarqué en 44. Moi j’ai été suivi des cours de commando… à cause qu’ils prenaient… ils demandaient quatre volontaires. Autrement dit, des volontaires il n’y en avait pas, hein. «Toi, toi, toi, toi, toi, out ! Tu vas faire ton cours. »Et… tous ces cours-là c’était tout… on avait toujours des cours. Y’avait toujours de quoi. Ça c’étaient des gros cours. Quand on revenait de là-bas, on avait notre voyage. Et puis y’avait un officier qu’on avait, un capitaine, il dit : « On va faire un cours de commando pour les gars icitte, de câbles. » Y’avait une petite rivière, un p’tit lac, pis on sautait par le bord, pour pas sauter dans l’eau. On s’ammanchait… nous autres on sautait juste sur le bord. On avait fait ça pendant quatorze jours. Nous autres on tombait pas dans l’eau. Les autres tombaient dans l’eau pis ils leur donnaient un verre de rhum. On dit : « Nous autres on en a pas besoin ? » Il dit : « Ah, vous autres vous avez pas tombé dans l’eau. » On a fait le tour, on a tombé… pis on a tombé dans l’eau. (rires) Pour avoir du rhum.On était toujours en cours, hein. Toujours des petits cours icitte, des p’tits cours là. Surtout le gaz, ça on allait en Écosse ça. On allait faire des cours là en Écosse. On allait deux mois, un mois. Pis le gaz, on savait comment ça sentait. Ben, on passait dans une cabane là, c’était du gaz. Un coup qu’on entrait là, ils lâchaient… ils mettaient du gaz dans ça pour qu’on peuvent le sentir avant que ça soit trop fort, pour mettre nos masques. À cause qu’on avait des masques de gaz, hein.Ils nous ont envoyés là, ils ont pris là, y’ont dit, une journée : « On change, on change de camp. » Ça arrivait souvent qu’on changeait de place, hein. Là, on est arrivé là. Y’ont dit… On n’était pas, on était à peu près… deux milles de la mer. Là y’ont dit… icitte, on rentre là… toute la compagnie était là. Il dit : « Personne sort. Vous êtes stand to icitte, dans le moment. » Ça, quand ils nous ont dit ça là, on a dit : « Oups. On s’en va en France. » Un mois là, à rester sur… toujours à’même place. On sortait pas. On n’avait pas le droit de sortir. On n’avait rien. On était pris là. Pis quand on a débarqué là, quand ils nous ont envoyé l’autre bord, c’était le temps, on était tanné de rien faire.Pis quand on embarqué dans le bateau là, on… on avait hâte d’arriver l’autre bord. (rires)

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